Tu fais quoi dans la vie?

Bonjour les petits fruits ! Aujourd’hui je vous parle de Tavail, et je critique la VALEUR Travail érigée en valeur suprême, et non pas LE Travail (NE PAS CONFONDRE, MERCI).


« Et si non… tu fais quoi dans la vie ? » Si comme moi cette question t’agace, alors cet article est pour toi.

Quand tu rencontres une personne pour la première fois, après ton nom, c’est bien souvent cette fameuse question qu’on te pose. Et derrière cette question on ne te demande pas ce que tu aimes faire. On ne te demande pas si tu aimes jouer aux jeux vidéo, aller au cinéma, faire des balades en forêt avec ton chien, dessiner, t’occuper de tes enfants, ou passer du temps avec tes grand parents, non, ce n’est pas la question qu’on te pose. En réalité, et tu le sais très bien, à travers cette question on te demande « quel emploi occupes-tu ? » Car même si le travail peut prendre bien des formes (travail domestique, bénévolat, etc…) le seul travail qui soit reconnu par la société comme un véritable travail est l’emploi. Et c’est par cet emploi que la société va nous définir et va nous pousser à nous définir les uns les autres. Mais quand l’emploi est ennuyeux, dégradant, ou que l’ambiance sur le lieu de travail est insupportable, être définit principalement par lui peut engendrer un certain mal être. Et je citerai ici le fameux #onvautmieuxqueça lancé il y a de cela quelques mois par des internautes suite à la loi travail.

Quand on me pose LA question, généralement je réponds : « Je fais de mon mieux pour rendre les gens qui m’entourent un peu plus heureux. N’est-ce pas ce qui importe dans la vie ? » Je réponds ceci, et je continuerai à le faire même si un jour j’ai la chance d’occuper un emploi qui me plait. Je continuerai, parce que cette question « que fais-tu dans la vie ? » à mon sens ne devrait pas être associée au simple emploi. Je prends la question sous un autre angle pour montrer à mon interlocuteur que l’emploi ne devrait pas être aussi central dans nos vies. Et si cette centralité de l’emploi dans nos vie me dérange c’est parce qu’elle suppose deux principaux problèmes non négligeables.

Premièrement, mettre l’emploi au centre de l’existence sociale c’est trop excluant. Je pense ici à toutes les femmes au foyer ; le travail domestique étant d’ailleurs la forme de travail la moins bien considérée voir même ignorée par la société alors qu’elle est pourtant nécessaire, et parfois pénible. On peut aussi penser aux chômeurs, aux bénévoles, ou aux étudiants. Sérieusement, ne valons-nous pas plus que ce que nous produisons ? Est-ce qu’une mère au foyer, un chômeur, un bénévole, ou un étudiant, ne valent rien parce qu’ils ne produisent rien économiquement parlant ?

Quiconque à un emploi est bien vu et plus cet emploi est considéré comme noble, c’est-à-dire peu salissant et bien payé, plus la personne est bien vue par la société. Je trouve d’ailleurs cela intolérable qu’un médecin, un avocat, ou un chef d’entreprise, soit mieux considéré qu’un balayeur. Tous les types d’emplois sont nécessaires et contribuent au bon fonctionnement de la société, et de ce fait il ne devrait pas y avoir de hiérarchie entre les emplois et encore moins de traitement de faveur envers ceux qui occupent des emplois dit « nobles ».

L’autre problème qui se pose est le suivant : Nous ne sommes pas réductibles à ce que nous produisons ! J’en suis désolée pour tous les capitalistes mais notre valeur n’est pas réductible à la valeur de nos productions. Nous sommes tellement habitués à n’être définit que pas notre emploi qu’il n’est pas rare d’entendre des personnes dire de leur emploi qu’il est totalement aliénant et dégradant, et de voir ces même personnes se retrouver perdues et dire n’être plus rien quand ils le perdent. Par la perte de leur emploi ils perdent d’un coup toute leur existence sociale et ont l’impression de perdre toute leur valeur. C’est à mes yeux intolérable que des gens puissent se sentir à ce point n’être rien parce qu’ils n’ont plus d’emploi.

Je ne dit pas que le travail c’est mal, non, c’est absolument pas ce que je suis entrain de dire. Le travail n’est selon moi ni bien ni mal, il est nécessaire. Dans la conjoncture actuelle on ne peut pas se passer d’avoir un emploi car cela est nécessaire pour subvenir à nos besoins. Ce que je critique ce n’est donc absolument pas le travail en tant que force physique de l’homme qui produit quelque chose, mais la valeur travail érigée en valeur suprême par l’idéologie néo-libérale au détriment d’autres valeurs plus humaines comme par exemple la valeur solidarité. Ce que je critique ce n’est pas l’emploi mais la pression sociale à l’emploi et le manque de considération pour les personnes qui n’en ont pas. Car il faut bien avoir conscience qu’a notre époque la plupart des personnes n’ayant pas d’emploi ne sont pas des faignants ne désirant pas travailler mais des personnes qui malgré leurs efforts ne trouvent pas d’emploi.

J’en ai marre de voir les politiques nous abreuver de discours érigeant la valeur travail comme valeur suprême, nous laissant croire que sans l’emploi on est rien, qu’on ne vaut rien si on ne contribue pas à produire de la valeur économique. Ils essayent de nous convaincre que produire de la valeur économique est ce qui nous rend le plus heureux. Alors oui je veux bien admettre que l’on puisse aimer son métier et prendre un certain plaisir à le faire, mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous les employés qui sont pourtant bien obligés de travailler et qui entendent à longueur de journée qu’ils devraient en être heureux.

Les institutions capitalistes et l’idéologie néo libérale essayent par tous les moyens de produire un travailleur motivé à travailler toujours mieux et toujours plus vite. Je ne peux m’empêcher de voir dans cette manipulation psychologique une façon de pousser l’individu à la servitude volontaire. La servitude volontaire est un concept développé par Bourdieu, un sociologue français, et qui explique que la domination n’opère jamais aussi bien que lorsque les dominés en sont eux-mêmes complices. Il est d’ailleurs intéressant de voir que le mot travail est passé du mot latin tripalium qui signifie torture à la valeur la plus importante dans notre société. Car il faut bien se rendre compte que la sacralisation de l’emploi est nécessaire à l’état désirant toujours plus de profit. Les politiques ont bien compris que pour que l’emploi prenne une place centrale dans nos vie, il est nécessaire qu’il prenne la majeur partie de notre temps et qu’il détermine presque tous les aspects de notre vie et de nos rapports sociaux. Les termes parlent d’eux-mêmes ! Marché du travail, Ressources humaines… nous somme considérés comme des produits, et c’est bien ce que désir le néo libéralisme qui ne voit dans le salarié qu’une chose à utiliser pour faire du profit. La société capitaliste dans laquelle nous vivons ne donne de valeur qu’a ceux qui occupent un emploi et ne se gêne pas pour le faire ressentir à tous ceux qui n’entrent pas dans ce moule, et je trouve ça bien triste… Car certaines activités non-salariés sont bien plus utiles à la société que d’autres qui elles sont pourtant payées… On vit dans une société ou on est plus valorisé en étant un nuisible payé qu’une personne faisant le bien gratuitement.

Mais dans ce sombre tableau que je viens de dépeindre, on remarque depuis peu que la population commence à se rendre compte que quelque chose ne va pas. On commence à se poser des questions et à se demander ce qui nous pousse réellement à occuper notre emploi? Ca devrait évidemment être le désir d’accomplissement, mais on constate que malheureusement ce n’est majoritairement pas le cas. Et ce n’est pas normal. Si on part de cette prise de conscience je pense pouvoir dire sans être utopiste qu’il est possible et souhaitable de commencer à réfléchir à d’autres alternatives que notre système actuel. Le revenu universel de base en est un exemple.

Déjà mis en place en Finlande, le revenu universel de base garanti à chaque individu un revenu minimum. Grâce à ce revenu, les gens ne sont plus contraints d’accepter n’importe quel emploi pour subvenir à leurs besoins minimaux, et de ce fait ils peuvent se laisser le temps de chercher l’emploi qui leur plaira vraiment et qui leur permettra de s’épanouir. De plus, en débarassant l’individu de la pression sociale à l’emploi, le revenu universel de base favorise l’expression de soi et la solidarité. C’est une alternative séduisante, mais pour le voir naitre en France il faudrait changer intégralement le système actuel qui est bien trop favorable à ceux qui nous dirigent pour qu’ils acceptent de s’en débarrasser… Ce n’est donc pas pour demain que l’on verra le revenu universel de base appliqué en France, mais sachez que cette alternative existe et qu’elle n’est pas aussi irréaliste qu’elle n’y parait de prime abord.  Je vais m’arrêter là concernant l’alternative du revenu universel de base, car je ne suis ni politologue ni sociologue du travail, et que de ce fait d’autre en parlent mieux que moi.

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Miss PommePomme

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2 commentaire sur “Tu fais quoi dans la vie?

  1. Bonjour :o)
    on pourrait aussi dire que « La plus grande fonction du management actuel étant d’ailleurs de » nous presser comme un citron jusqu’à l’épuisement …
    La société capitaliste dans laquelle nous vivons ferait bien de se rendre compte du fait qu’elle est responsable du fait que tout le monde n’a plus d’emploi, et n’en aura plus de toute façon, surtout avec les robots qui coutent moins cher en taxes et sont corvéables à merci :o)
    Bel article ! Bonne semaine

    1. Bonjour Nat 😀
      Merci pour ton commentaire 🙂 Je suis tout a fait d’accord avec toi ! Il serait grand temps que la société capitaliste dans laquelle nous vivons ouvre les yeux…
      Bonne semaine à toi aussi.

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